AMPHI

par delprat

je commence par cette photo de moi que m’a envoyée T.

Ah, j’aime bien cette photo dans l’amphi de morpho qui grâce à V. est redevenu un endroit que j’aime.

Ca y est, les mauvais moments que j’ai vécus là avec ce stupide et prétentieux professeur JFD… Pfft.

Ln morpho

Excellente journée hier et visite de E.S.

( PRIVATE ).

Ressortant toute guillerette après ces 3 heures à parler, chercher et rire il me semble que » je vois mieux ce que je vois ».

chaves nogales

les chemins du monde  p34 Manuel Chavez Nogales

Un drôle de type à l’allure trop rapide qui fonce vers l’entrée du métro puis se ravise puis choisit un autre point d’attaque. Je me retourne et l’observe aller de A à B de B à C. Des segments qui au bout de la journée doivent définir une figure géométrique incroyablement compliquée.

Peut-être dis-je cela influencée par deux phrases que je viens de lire sans Le Monde des livres. Il s’agit d’un bouquin dont j’aime le titre ( c’est ce qui m’arrête). C’est: Histoires prodigieuses et biographies exemplaires de quelques personnages modestes et anonymes.

Bref.

Métro jusqu’à Maubert. Sur le trottoir d’en face, rien à signaler, je traverse, fais une course, retrouve X. Nous repassons au même endroit et là est apparu un roi. Un roi barbu et vieux, assis bien droit dans un trône fauteuil-roulant.

Il porte une couronne massive et dorée dont une pierrerie clignote.( pierreries n’existe qu’au pluriel???).

Ce qui est curieux-bien sûr c’est une fausse couronne – ce qui est curieux est qu’on a pas un instant l’impression de faux. Elle est massive lourde dirait-on. Où s’est il procuré ce machin? C’est un roi de théâtre  réussi. C’est un roi Shakespearien, en guenilles.

Je pense à Welles, à Macbeth ( qui d’ailleurs porte une incroyable et étrange couronne-j’avais oublié cet objet carré à quatre pointes…)

Dans je ne sais quelle biographie que j’avais dévorée ( Bogdanov?) on raconte les costumes qui n’arrivent pas et la fabrication d’armures avec des boites de sardines ( j’invente???? Non crois pas).

Je me suis donc arrêtée avec l’envie de le photographier et d’envoyer cela à E. Mais d’une part je n’ai pas osé, d’autre part je me suis dit que ça « écornerait » le souvenir que j’en ai, que je pourrais inspecter des détails qui abimeraient le tout.

On a marché jusqu’à Saint-Michel et j’ai poursuivi jusqu’à Saint-Paul.

Galerie. La télé y fait un sujet à propos des « dress codes » et on voit une grande fille godiche et fagotée d’une robe noire vulgaire poser devant des photos. J’ai un sentiment de gêne.

Elle ne sait pas quoi faire de son corps. De chaque côté des épaules, elle a  deux bras qu’on dirait artificiels-vous savez les bras des anciens mannequins de vitrines ou ceux qui résistent encore chez Reine- des bras qui ont 3 positions possibles…

Bref on regarde « ça », et le chapeau qu’il lui ont collé et ses chaussures- altitude.

Sans entendre l’échange en forme d’interview qui a lieu devant moi , je me demande ce « qu’ils » veulent dire, montrer. Que le monde de l’art c’est ça? Que les amateurs d’art sont des femmes-viandes à l’air stupide ? Sais pas. Pendant ce temps et à 3 pas, avec D. et son frère nous commentons la scène de façon assez sexiste avouerais-je. Nous arrivons par des chemins pas bien difficiles à débroussailler, nous arrivons à la découverte de D.: Dans une vente à Lyon, 25 images stéréoscopique où figure Michel Simon…Il est heureux de cette « prise ».

Il est drôle ce type, tout l’intéresse. La statue de Jane d’arc à Orléans, les prostituées, la photographie, les plats Lyonnais…

Je ne traine pas et file. Décide de marcher jusqu’au théâtre en passant par la rue Saint Denis. j’ai cette fois ci de la chance de croiser quelques dames à l’ancienne, poitrail en avant et jupe noire trop serrée.

Du monde sur les boulevards, puis avant les galeries Lafayette et dans la rue de la chaussée d’Antin, c’est calme. Au coin, dans ce grand bar, une dame derrière le bar aurait pu être la soeur de celle aperçue rue Saint-Denis: En noir , des blonds cheveux trop blonds retenus par un ruban de velours noir. Je ne m’arrête pas et elle continue de remplir un verre de bière en abaissant le manche de la machine à pression.

Je passe par la grande entrée, montre patte blanche, fais le code et arrive dans les loges du bas. Il y a le sac avec le chocolat. J’ouvre une plaque de Côte d’or j’sais plus quoi « avec une pointe de sel ».

Un régal.

Puis je m’installe sur la banquette trop étroite dont mon corps maintenant sait utiliser l’étroitesse.J’essaie de lire puis décide de me laiiser aller à écouter par le retour ce qui se passe sur scène, souris,ferme les yeux et me dis que je suis bien.

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