6-0 à Half-moon street ou Le jour où j’ai voulu être Armelle Héliot

par delprat

PLUIE BATTANTE

Et comme cette entrée est un peu longue , pardon s’il y a des fautes.

La révolution de la journée, c’est que j’ai gagné au tennis.

6-0

Première fois que cela m’arrive.Les raisons: Le calme , le silence et les efforts terribles de concentration. Des services meilleurs qui me donnent confiance et m’évitent le ridicule de mes cris ( Ta mère, Putain, hurlements qui ne vont pas jusqu’au jeté de raquette mais pas loin= l’attitude détestable de l’imbécile orgueilleux sur un terrain).

L’orgueil en général fait des ravages. Partout, dans les familles comme à la campagne ( Bouh…???!!!)

J’ai juste hurlé à la fin en riant:  » Je t’ai démonté ta fâââce…Je t’ai cassée en deux!!! « 

Mais nous jouons ensemble depuis longtemps alors cela n’avait rien d’agressif…

Bon. L’honneur est sauf.

Maintenant roulement de tambours :

wilde-notebook

O. Wilde : The Importance of Being Earnest

Capture d’écran 2013-03-19 à 10.35.28

Je ne sais pas de qui est ce dessin de mise en scène

Non, le plus joli de la journée fut vers 13h, la sonnette de la porte d’entrée. E. notre voisin entre livide avec deux feuilles sous le bras. Je plaisante et pas lui. Pas du tout , il est tétanisé. Soudain je me dis que quelqu’un est mort, ou qu’il a des mauvais résultats d’analyses…

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Capture d’écran 2013-03-17 à 18.12.18

Ah je sais manier le suspense.

The Importance of Being Earnest

Bref. L’histoire est que E.D vient de faire une très belle mise en scène. 9 jours de représentations seulement pour « L’importance d’être constant  » de Wilde au Theâtre de Belleville. Très fin, intelligent et joyeux. Une mécanique et un monde à la Lewis Carroll.Rugueux et poétique à la fois ( ce n’est pas tous les jours que je dis poétique…)

Subtil et coloré comme dans Les demoiselles de Rochefort.Drôle et bizarre avec Penny Lane des Beatles qui m’a un peu étonnée au début… Mais non, c’est bien car ED ne fait pas le malin,ne cherche pas comme c’est le cas souvent à être plus fort que l’auteur…Il transpose. Pas de poussière non plus, pas de moments interminables, pas de mines…!!!.Mais un vrai charme…  On est emportés et on a tout juste le temps de respirer.

Le service a thé est minuscule et ne fait cependant pas penser à un jouet, les gâteaux sont grands comme des miettes, comme si c’était un spectacle joué par des oiseaux!!!.L’arrosoir est jaune pâquerette. Le maitre d’hôtel se change à vue et hop on change de demeure, de décor et rien n’a pourtant bougé. L’intelligence aussi est d’avoir misé sur les costumes dont certains sont sur-mesure ( et inspiré du film de Demy) et ça change tout . Rideaux noirs et quelques éléments de bois comme des troncs d’arbres épurés et  coupés ( c’est pour indiquer la forme ) dont le couvercle si on peut dire, posé au sol nous emmènera dans un jardin.

Tout est pauvre au sens financier du terme et rien de l’est tant c’est ingénieux, exigent et d’une grande fraicheur acidulée.

Les acteurs….sont top. Il y a du monde….

Jean Bechetoille /Erick Desmarestz /Flore Friedman /Guillaume Gras / Mathieu Heribel /Eurialle Livaudais /Dominique Roncero /Brigitte Winstel

Je connaissais déjà Guillaume / très subtil (qui disait au Jeu de Paume des fragments du Journal de Dominique Delouche assistant de Fellini) et aussi Jean très doué aussi.La distribution est vraiment réussie.

( Comme je ne suis pas critique j’arrête là et ne parle pas de chacun)

Mais j »avoue que ma mâchoire a failli se décrocher quand E. lui-même est entré. Un/ je ne savais pas qu’il jouait et deux/ il porte robe et manteau rouge flamboyant ( et Dieu sait si le rouge est difficile), perruque et plumet, petit sac à main et gants sur une bague brillante: Lady Braknell herself.

Extraordinaire interprétation qui ne nous emporte que vers la vérité: Ce n’est pas E. « déguisé »  et ce n’est pas mon voisin du dessus.

C’est une femme Victorienne et désagréable.

On ne pense pas au travesti ( j’adore… )qui dans le pire des cas est ordinaire et lourd. On pense à l’art du travestissement, à l’art si périlleux du Travesti à cette tradition jusqu’à  l’onagata.

On ne rit pas à son entrée grave et autoritaire.

On dirait que le spectacle est parfois à peine chorégraphié…

Je ne parle même pas de la direction d’acteurs excellente.( La jeune fille dont je ne sais pas le nom-Guillaume est son tuteur- pourrait être une intéressante Nora…)

ED est professeur chez Perimony et les 4 jeunes gens ont été formés par lui. Je n’ai pas de photos du spectacle mais trouve ce document anglais amusant de 1930. Il y a une autre image avec de grands oiseaux noirs.

importance constant 1930

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Capture d’écran 2013-03-17 à 18.12.18

Donc « quoi que je fais » hier?

J’appelle Armelle Heliot qui est sur-bookée. Merde elle est à Lausanne. C’est mort. Ah elle me rappelle mais je suis occupée. Je rappelle à mon tour. Bref soudain elle dit:

« Je vais y aller ce soir!!! »

Damned! Conjonction de planètes parfaite . Mais rien n’est sur- brulons des grenouilles dans un chaudron– et il suffit d’un retard, d’un coup de téléphone de boulot, de la pluie qui se met à tomber et c’est foutu. Elle m’appelle en sortant, emballée…

Wa-oufffffffff

Et lorsque ce midi Erick sonne, ce ne sont pas des mauvais résultats d’analyse qu’il va nous montrer mais une critique excellente sur le blog d’AH.

C’est très important.

Il est pâle et ému aux larmes. C’est sa première mise en scène.

Et nous on a aussi envie de pleurer tellement on est contents.

Parce que sans une critique -et quelle critique digne de ce nom qui passe sa vie et encore plus au théâtre!!!-( et en 9 jours faire venir quelqu’un…) donc sans quelqu’un qui sache lire et qui en même temps fait autorité- l’avenir d’un tel spectacle est difficile.

Suite à ce blog d’Armelle,  ils sont tous fous de joie et moi aussi.

Bon . Maintenant il faut trouver un théâtre. Mais comme ils sont sous le signe de la chance et qu’ils ont un passeport, je ne m’inquiète pas.

 Fin de :

 » Le jour où j’ai voulu faire mon Armelle Heliot »

Et  » mon Armelle Heliot  » qui ne m’en voudra pas de cette pauvre concurrence !!!!…. était déjà aujourd’hui repartie vers d’autre aventures à … Lille.

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En ces périodes de tourmente ( Tsunami) familiale  j’aime bien me réfugier dans la loge de Roger.

Je l’ai fait hier et cet après-midi.

J’avais un livre sur Mary Meerson et aujourd’hui j’ai passé un moment dans le grand théâtre fermé le Dimanche. Dans les couloirs, dans la salle. J’adore ça. Les lustres éteints, la servante sur le plateau.

Je ne sais pas qui était la dame aux 3 gardes du corps, aux deux voitures et chauffeurs. Les petits ouvreurs ont eu 30 euros. J’ai proposé d’aller dans la salle et de demander » Qui est connu là-dedans ??? ». !

Donc sur le petit lit j’étais bien avec mon livre. J’ai aussi photographié les 4 loges. Les tables. Touts différentes dans l’organisation. La bordélique de C( fille), la bien organisée de L( fille ) et puis les hommes. La un peu bordélique de R. Il faut dire qu’à coté de la table de J. tout le monde est aplati. C’est un arrangement méticuleux et implacable. On dirait qu’il a un double décimètre ou un outil inventé à cet effet pour organiser son rébus. Oui on dirait un message codé.

J’aurais envie d’y aller chaque soir. Je sais , je suis certaine que la table est la même. La même de même. Tiens allez je mets la photo prise à 15h 05:

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