« Beau singe à photographier »

par delprat

Capture d’écran 2013-10-21 à 16.09.02

« Vous allez droit à la catastrophe. Nous vous plaignons. Je vous dit ça sincèrement pour votre décadence, votre indifférence, votre insolence » Raimondakis

Je ne pense pas beaucoup aimer ce film. J’en trouve le commentaire un peu sentencieux et les mouvements de caméras ( en avant en arrière, en arrière en avant … un peu artificiels…). Et puis les murs lépreux hum hum…/

Pourquoi n’avoir pas ECOUTE tout simplement…

1973

40’50

Ah AH Eh bien je ne suis pas si stupide!!!!!:

 Si Pollet n’a peut être pas trahi ses interlocuteurs avec ce film, il a cependant très certainement trahi son sujet. Les paroles de Raimondakis sont sans arrêt tronquées : elles sont secondaires, elles ne servent qu’à se mettre au service d’un long poème que déblatère un narrateur, sur les images de Spinalonga. Document central, l’interview de Raimondakis est ainsi tronçonnée en pièces détachées. Une séquence brute et continue de l’interview aurait été plus intéressante à regarder que ce long poème contemplatif et rêveur, qui pose sur les lépreux un regard curieux, poète, exalté, en un mot, bourgeois. Le narrateur tisse effectivement une poèsie sur 45 minutes, il lance des interrogations, des révoltes, sans jamais construire de réponse élaborée, sans jamais développer une analyse historique : le titre foucaldien promettait pourtant plus de finesse. On est simplement face à un détournement ; à la complainte du révolté échevelé et romantique, qui s’attarde quelques jours sur le sujet et s’en va, à califourchon sur de nouveaux chevaux de bataille.

Pollet a pris un phénomène social et historique et l’a transformé en expérience purement esthétique : il y a là, à mon sens, quelque chose d’immoral.

Héhéhéhé!!! OUé!!!!!

Traité par Erving Goffman ou par Frederick Wiseman, le sujet aurait été autrement mieux respecté : on regrette ici le cinéma du réel, le documentaire silencieux, celui qui ne nous prend pas par la main.

PAR CONTRE/ MAIS / CEPENDANT/

Raimondakis

les passages (( sous-titrés ) où parle Raimondakis  sont terribles de calme, de dignité, de tenue….

Et aussi cette dame qui dit :

Capture d’écran 2013-10-21 à 16.21.11

 

Extrait du propos de Raimondakis  :

« Il y a 36 ans que je suis emprisonné sans avoir commis de crime. Pendant ces années, beaucoup de gens sont venus nous voir. Certains pour faire des photos, d’autres avec un point de vue littéraire, pour voir une espèce de gens différents, plusieurs ont tourné des films.

Hélas, ils nous ont trahis jusqu’à aujourd’hui. Aucun n’a transmis ce que nous voulions et ce qu’ils avaient promis de montrer au monde.
Finalement une duperie, une photo, et une légende dessous qui modifiait les promesses et nous trahissait – et ceci nous blessait, parce que les uns voulaient montrer de la compassion et les autres de la répulsion – mais nous ne voulons ni qu’on nous déteste ni qu’on nous plaigne. Nous avons seulement besoin d’un sentiment, l’amour. Amour, en tant que personne qui a une infortune, et non comme s’il était une sorte différente d’homme, un phénomène…
Je me demande si, bien qu’étrangers et partant très loin, je me demande si vous rendrez la vérité, ou si vous garnirez de mensonges ce que vous avez tourné pour l’utiliser qui sait dans quels buts, qui sait pour quelles idées. »