18h30, le soldat inconnu et nous.

par delprat

Revenant un soir d’été délicieux d’un après-midi chez Nicole, le nez au vent sur mon vélo, je m’étais demandé qui étaient ces militaires sous képi, raides à en pencher presque en arrière, ces femmes à chapeau et gerbes portées à deux. J’avais pris l’avenue des Ternes  et étais rentrée.

Hier en sortant du cinéma sur les Champs-Elysées ( pure horreur le Samedi, et sans racisme social, c’est terrible la vulgarité de ce que l’on voit. J’ai l’impression d’être à la gare d’Argenteuil- merde c’est dégueulasse de parler comme ça – mais c’est vrai. Des gars avec du gel dans les cheveux ou des coupes de cheveux comme ils les font derrière la gare,  atroces -pour moi- des survets blancs- la nouvelle forme en vogue genre sarouel est horrible- jeans bleus délavés et moulants , ou baskets ultra montantes et non lacées. Téléphones portables, deux à chaque doigt et coca. Les filles sont grosses, ne mâchons pas nos mots. Elles sont grosses et boudinées dans des fringues terribles. )

Au cinéma, c’est le royaume des pops corn, des souris en gélatine acidulée, et de la bouffe comme partout d’ailleurs.Quand on quitte la salle, c’est dégoutant tous ces trucs par terre…  Queue au MAc Do, queue chez Paul… Bon pour conclure et arrêter mes jérémiades de bobo du 9eme , je n’ai pas envie de voir les Champs-elysées habillés comme Cédric Villani mais quand même!!!!!

Avec B. 10 ans, on a vu le film ( Jack et la mécanique du coeur ). Pas nul mais ( je n’aime pas beaucoup l’animation car deux fois sur trois je me dis » Quel boulot pour rien » et je m’ennuie à vrai dire… ) Et puis j’en suis restée à Lotte Reiniger/ nan j’exagère / mais nan j’exagère pas.

Pas nul mais pas intéressant. Seule la voix de mon petit Jean Rochefort me réveille. Il est Mélies et moi je l’imagine en train d’enregistrer. Oui, en fait pour moi ce  truc est un documentaire sur JR en studio et aussi j’imagine les âneries qu’il a dites, les rires, les tentatives- on recommence-. Ils on dû bien s’amuser. Les textes des chansons sont épouvantables. Nuls,  et la musique, je ne sais même pas. Miss Acacia dit : fanteume au lieu de fantôme/ Et quand on abime un fantôme on me trouve en travers du chemin armée jusqu’aux dents et quand on enlève l’accent je rougis. Je deviens d’abord « reuse » puis RED.

Bon. En sortant on s’est assis sur un banc et on a regardé l’homme-oiseau. A savoir un type un peu minable qui avec un truc dans la bouche genre appeau, siffle et re-siffle. J’adore ça. On le regarde déformer la bouche, souffler, changer de nid.

— Vous voulez essayer?

—Nan merci, on a peur de s’envoler…. Il reprend ses trilles sans rire une seconde et nous on pouffe. C’est hyper tentant cette pochette jaune citron. Certain que lorsque l’ on a le truc dans le bec on n’y arrive pas. Lui doit avoir des ruses de merle répétées au nid. On l’imagine dans un grand nid horrible en résine maronnasse.

On y va?

J’ai une idée.

C’est quoi?

Tu es déjà allé sous l’arc de triomphe, là où est le soldat inconnu? ( Je passe les explications qu’un marraine se doit de fournir à son ( faux ) filleul.)

Nous y voilà. Les anciens combattants et leurs drapeaux sont sur le côté. Gants blancs. B. regarde, demande, s’étonne. Ils me proposent de prendre B. en photo avec eux. OK .

Capture d’écran 2014-02-23 à 14.14.37

Puis un grand militaire noir immense nous demande si nous voulons suivre ce petit cortège et participer à la cérémonie.

—On y va?

—On y va. Je dois enlever mon bonnet. L’espace d’un instant il me sourient comme un des leurs. Puis se ressaisissent.

Nous voilà prêts. Je dois dire que c’est assez impressionnant. On avance lentement. Trompette ( clairon heu???) et tambour. Sur place derrière   la flamme et face aux Champs, des Kilos de quincaillerie sur des torses. A présent nous sommes en faces d’une dizaine d’hommes en béret et treillis-Baillonettes. ( tiens je regarde qui étaient des militaires hier… )

Sonnerie des morts, gerbes.. Marseillaise, épée ( ravivage).

Il y a plus de monde que sur ce schéma

ceremonie

Et à la fin on nous serre la main comme ceci

Voilà.

En rentrant on croise avant le métro un ancien combattant qui range son étendard dans une housse.

—On y retournera hein ? Quand y’aura la garde républicaine??? On lui a dit qu’il fallait voir le ravivage du 19mars-Guerre d’Algérie.

Damned il marche au pas sur tout le chemin du retour!!!! Je pense que B. sera général et j’ai peur que ce ne soit de ma faute !!!

Pour ne pas être dépaysée, je mange une pizza devant Full Metal Jacket.

—SIR, YES SIR, I DO