Les guêpes contre les livres

par delprat

'I'm desperate' 1992-3 by Gillian Wearing OBE born 1963

© Gillian Wearing, courtesy Maureen Paley/ Interim Art, London

Parfois je me dis qu’au niveau images, ou intérêts, il y a une rivalité avec FB: Sa rapidité entraine une certaine flemmardise quant à écrire, même si ce que j’écris n’a somme toute d’importance que pour moi et que je me demande pourquoi ce blog n’est pas entièrement privé. Cela me permettrait d’ailleurs une plus grande liberté de « mouvements  » notamment dans certaines critiques ou réflexions quant à des situations que je trouve insupportables et dont je ne dis rien pour ne blesser personne.

Parfois, quand je ne peux me retenir, les entrées sont « Private » mais c’est finalement assez rare.

Je me dis aussi-au moment ou j’ai terminé le film NS-et où je suis en chasse d’autres pistes, je me dis qu’un film qui essaierait de rendre ce qui se passe dans ma tête en une journée serait amusant. A savoir le mélange d’images nées de lecture ou films ou promenades, brouillées par ce qui surgit à notre insu: une image d’enfance, un paysage de montage, un pic-nic il y a 40 ans et les guêpes arrivaient sur le melon, une aire d’autoroute, un mal au coeur en voiture-il y a de la neige et du brouillard-on s’arrête et je mange un sandwich et prends un coca-cola.

Ces flashes sortent du même brouillard et vont rejoindre d’autres scènes dans un coin de notre cerveau. Scènes qui ne surgiront jamais, scènes qui se succéderont à une vitesse ou couleur variables. Scènes qui réussiront à faire reculer les plans crées lors de la lecture. Qui envelopperont celle-ci, l’étoufferont jusqu’au point d’hypnotiser la main, de lui faire corner la page, et reposer sur nos genoux le livre vaincu. Ainsi, les guêpes  s’approchent de nous, dans cette clairière étouffante du mois d’Aout alors que nous montons dans l’arrière pays. Le poulet froid en attire bien d’autres et c’est un déjeuner scandé d’exclamations: Attention elle est sur ton bras, et de mouvements de fous dignes de la danse du diable de Pabst.

Au passage cette belle image de Harald Kreutzberg que j’ai trouvé je pense chez PM

10850314_837697126287867_2999349642776666290_n

Je regarde mes mains. Les ongles sont encore pleins de peinture verdâtre utilisée hier. Je fais du faux bois et ça m’amuse beaucoup. Car il faut bien le dire on ne s’amuse pas beaucoup avec la peinture!!!!

Hier soir, c’était sympa ce moment. Je suis toujours agacée par l’émerveillement de certains quant aux « people ». Ca m’agace sévèrement quand je sens que des gens veulent vivre des situations pour en faire plus tard un sujet de conversation. La fascination, pour l’argent et le pouvoir est détestable. Ca me fait faire des grimaces abominables et après je m’en veux. Retour taxi.

Aujourd’hui j’ai envie de lire. J’ai beaucoup de mal à me concentrer et aussi à me souvenir et ça m’exaspère. J’achète et j’abandonne. Tiens j’aimerais bien les Cahiers de l’Herne sur Blanchot que je ne connais pour aisé dire pas.

Je lis avec plaisir les conférences de Borges qui m »aèrent » de l’étouffant Peter Handke qui s’enfonce au fond de mon sac.

Je racontais à? que malgré les heures passées à monter le film de Nicole, je n’ai jamais ressenti de lassitude. Jamais en l’écoutant je n’ai soupiré car j’y ai trouvé à chaque fois le même plaisir. Je ris exactement de la même façon qu’au début quand je redécouvrais ce qu’elle m’avait dit des années auparavant.