RETOUR (…)

par delprat

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Vendredi 26 Aout/ Viviers 

Ce qui est étrange c’est une sensation de « sur le moment »: Je ne vis que sur le moment et j’ai l’impression que tout est déconnecté du passé récent. J’ai l’impression que si je ne note pas je n’ai rien vécu, pire j’ai tout oublié. Comme si écrire toutes ces petites choses, était une sorte de prothèse, de béquille pour ne pas m’affaisser comme une vieille ferme d’ici. ( J’ai bien dit vieille ferme et pas vieille femme!)

La Secrète, roman colombien m’a beaucoup plu. Sa délicatesse, la forme des récits, la famille et les pionniers, l’attachement à la terre vécu différemment chez les uns et les autres frères et soeurs, et puis, pire que la guérilla mais moins violente, l’invasion qui grâce à l’argent ( à cause de l’argent ) transforme les lieux les plus sauvages en domaines résidentiels surveillés. J’ai repensé en souriant à « el terreno », terre mythique du côté de chez AM, colombienne elle aussi. Le Terreno qui perdrait tout le monde ou sauverait chacun. Ce qui est pénible ou ce qui doit être pénible pour un auteur Colombien c’est de voir cité quoique l’on écrive, Gabriel Garcia Marquez. Pénible oui.

Dans le jardin de la maison d’A., avant qu’on ne la quitte pour toujours j’ai marché vers le fond et un peu pleuré. Puis nous avions fermé les deux grilles vertes et elles, qui avaient tenu le coup depuis presque 60 ans étaient  tombées.

Puis j’ai vu les engins, puis la maison a disparu. J’ai marché sur le terrain ( un autre terreno …) en cherchant des repères: Où était le banc ou s’asseyait mon père, où était la petite barrière blanche difficile à ouvrir et qui menait au potager et aussi au coin des chats et des chiens. Je ne me souviens plus des noms de nos animaux. Dialo je ne l’ai pas connu, Pux était à Marc, Rita à matante Thérèse… Camille faisant le même pèlerinage a trouvé une photo. Celle de mon frère ainé et de sa petite fille disparue, écrasée par une voiture devant l’école à 5 ans. Nous avons tous été très atteints par ce drame incroyable.

P et A et leurs enfants sont au fond des bois avant Ferréol, avant le tournant et avant la fontaine où est posé le verre vide pour ceux qui ont soif, à 2km de la départementale pas bien grande elle non plus. On y voit les étoiles de façon intense. Dans notre hameau la lampe de la route est gênante pour le noir.

Je pense tout le temps à R. Et  aussi des gens prennent de mes nouvelles. Nicole Higelin et son message délicieux, Christine Angot aussi. Didier notre ami médecin, et Paula, et Gisèle et bien d’autres.

—Ca va?

—Ca tient…

Tracteur, foins, allées et venu du paysan du dessous qui vit comme au moyen âge. A t’il l’électricité. Oui sans doute mais on se demande. Comme je n’ai pas d’internet je ne sais pas si ce que j’écris, je l’ai déjà écrit ou non.

Je poursuis laborieusement la peinture de 10 m sur 2 ( et d’ailleurs à chaque fois j’enrage de la malhonnêteté pas bien grande mais un peu, qui consiste à vendre 9M 50 pour 10m. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et je dois le dire à P.)

J’adore mon atelier. Calme et doux malgré la canicule.

Hier  suis remontée sur le VTT. Hum. Je n’ai plus trop l’habitude de jongler entre freins et vitesses dans les bois, poids du corps où il faut. Je crois que je vais renoncer à l’ascension de Dimanche avec Philippe. J’ai peur de ne pas réussir à grimper jusqu’au col. En même temps si je n’essaie pas… Je me dis que je vais le faire pour R. , ce qui est complètement débile. Ce genre d’ex-voto cycliste n’a lieu d’être puisqu’il est trop tard pour souhaiter la guérison, et que je ne peux remercier personne d’un miracle qui n’a pas eu lieu.

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Dimanche 21 Août

Les cendres ont volé dans le pré au milieu de petits veaux et de leurs parents qui nous regardaient. Qui nous regardaient immobiles… Puis sur le chemin, puis dans la rivière, puis dans l’autre pré. On génère beaucoup de cendres quand même. C’est lourd et dur à ouvrir cette saleté. J’en avais sur les mains et je les ai frottées l’une contre l’autre comme si je n’avais plus que cette caresse là.

Tu aurais été content de voir toutes les roses, et autres fleurs semées à ma manière c’est à dire n’importe comment, et la vigne qui continue de grandir contre vent et froid habituels ici. Le jour de la petite cérémonie à l’église de Montarcher ( je m’en suis chargée ne voulant pas que deux vielles grenouilles chantent leurs trucs niais avec leur voix de bigotes.) Un prêtre oui. Si l’on veut.  Mais pas ces dames de charité qui ont le droit de bénir. C’est incroyable ça quand même. Bref ( Je suis allée avant hier à l’enterrement de « la » Marcelle Petit que j’avais filmée avec Riri en train de tuer le lapin.) J’ai dû raconter ça quelque part ici.

Bouh . Cimetière d’Estivareilles et chaleur. J’ai déserté au moment du verre offert à la pompe à Essence, au café chez Annie.

Les coqs chantent là maintenant à 13h. Je me demande ce que je vais lire, dans quoi plonger pour mieux respirer. Je pense un peu à la rentrée et aux étudiants mais ne note rien et oublie tout.

La fraicheur des siècles passés et leur nouveauté. 

Réfléchir, agir, noter dessiner. Réfléchir, agir, noter dessiner.

 Je lis des choses sur Pratolino et ces merveilles de Scherzzi d’acqua, géant-chateau aux salles où des automates s’animent. Buontalenti, génie absolu selon moi. Sous la villa 8 pièces? Que lire à ce sujet , je dois demander à Philippe.

J’ai retrouvé des choses que j’avais écrites à Rome mais c’est si ennuyeux et stupide.

Mon nouveau truc, enfin pas nouveau nouveau, c’est de photographier les livres et les journaux. J’aime beaucoup ne plus savoir d’où viennent ces images sans contexte.

Je repense à Orazio Mocchi / Saccomazzone

J’ai ouvert FCP pour m’attaquer au sous-titrage de Nicole et il faut aussi préparer l’émission, préparer une soirée Nicole et demander à DOPA comment m’y prendre.

Il fait très chaud encore ce soir ( 23h22 ). Nous avons mangé une pizza dans la rue. Le concert était merdique. Me suis un peu fâchée au moment de l’addition et Eve aussi. Il y a des gens qui objectivement ne m’ont jamais offert un café alors que R. était particulièrement généreux. Ce n’est pas grave, mais ce midi je ne vois pas pourquoi M. paie toute cette tablée qu’il ne connait pas. Bon. Lui préfère régler le problème en passant à la caisse. Mais je me souviens de quelques situations, ou ayant donné l’habitude aux autres du « Laisse , c’est moi », ils m’avaient prise pour celle qui allait payer de toutes façons. C’est très désagréable.

Un jour,irritée du fait , alors que nous devions boire un café, j’ai chuchoté à X:

Je te donne de quoi payer, pendant qu’on ne se voit pas, comme ça discrètement et tu m’invites, ça me fera plaisir.

Un jour aussi,  je lui ai expliqué comment accéder à son portefeuille en toute situation. Juste au bon moment , pas trop tard. Il y a aussi les gens qui n’ont pas de monnaie. C’est si facile d’en faire!!!. On dirait qu’un billet de 20 euros doit être à jamais empaillé. Il y a aussi les billets indépliables et qui surgissent de porte-feuilles compliqués à ouvrir. Plus compliqués d’accès qu’une moule qu’on ne mangera pas car elle serre les dents et que c’est mauvais signe.

Ce n’est pas intéressant mais je me souviens des spécialistes à Paris, ceux qui ne dinent pas mais prennent une chaise et la moitié de la corbeille de pain. Puis:

—Un verre?

—Pourquoi pas. Oui finalement oui… Hop hop pas trop.

Ce n’est pas hier. Mais je suis féroce quant à cela. Le mec avec qui tu bois un café et qui paye le sien au bar tout seul, c’est lamentable. Le mec que tu retrouves au bar et seul parce qu’il a peur de payer 4 consommations sur une terrasse d’un petit bled : Vu… Nul… Scanné.

Après chacun est comme il est. JC était de ceux là. Jean-Pierre Coffe idem… ( paix à son âme ce sale bonhomme). Il m’avait invitée à dîner avec Alice. Au moment de l’addition, zut la carte… Oh zut…Non ! Poche arrière, poche côté…Re poche arrière. Et l’horrible évidence:  Pff rien. Pas de carte. Ca alors…. C’est Alice qui s’est exécutée. Moi je suis restée de marbre après une vague hésitation quant à ma réputation d’élégance qui à ce moment là aurait pu se mettre en place.( ! ) Mais je m’en fous que ce genre de personne ne m’aime pas. Je m’en fiche totalement.

Et elle m’a confié que c’était chose courante. Il commandait des trucs très chers dans des boutiques de luxe et, elle comme une buse allait chercher tout cela et… elle payait. Il a été dégueulasse avec elle, un sale bonhomme avec cette A. si généreuse et délicieuse.

Je ne sais même pas pourquoi je parle de cette médiocrité.

Donc j’ai fini mon livre et suis un peu hésitante quant à la suite; Gadda; Eros et Priape? Sais pas. Je regarde. Hop, le Double de Dostoievski.

Ce matin brocante ( je n’aime pas tellement les brocantes ) et tarifs parisiens. Café sur la place. temps toujours idéal. Bronzette dans la chaise longue.

J. M’envoie la photo de la tombe de Rogère ( en pierres des Maures et pommes de pin ), le (a ) bébé lérot adoptée par Camille. Bestiole très jolie, très petite avec de grands yeux noirs. Elle aura vécu quelques jours au fond d’une chaussette, nourrie à la pipette au lait tiède pour chat. Elle a quitté le navire en arrivant à Marseille. Beauseigne…Bichette. Et n’a pas eu le temps de devenir une saleté de rat fruitier dégoutant.

Damned 14h03 suis en retard à l’usine…

Je ne sais pas d’où viennent ces livres apportés là: Benvenuto Cellini, Montaigne, les essais dans une petite édition assez jolie mais c’est écrit en minuscule. Et comme par hasard deux photos en noir et blanc, l’une d’une grotte, l’autre d’un château. Comme si j’avais dû faire tout ce tour depuis toutes ces années et finir par piocher ces deux cartes divinatoires !.

Un petit fascicule à nouveau sur des gouffres et grottes de je ne sais où.

Samedi, on dine chez P et E. Et on passe un très bonne soirée. On danse le pied brisé et on chante une chanson paillarde. Il fait doux. Il y a des étoiles. Le pire est que demain j’accompagne P. à vélo au Barracuchet. Je n’ai plus l’entrainement et d’habitude ( dernière fois il y a deux ans ) , c’est l’effort qui termine « la saison ». Je rêve d’un orage, de pluie ou d’une indisposition soudaine de P qui annuleraient ce projet… Ca m’angoisse. J’ai peur de ne pas réussir.

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Rogère sur ma tête

Dimanche

Temps splendide. Zut. Le casque, les gants , de l’eau, des biscuits. C’est parti. On me dépose à Montbrison. Merveille de la nature P est à l’heure!. Et on commence à grimper. J’ai une soif de dingue et je me dis que c’est ma mauvaise ventilation et mon manque d’entrainement qui en sont la cause. Je dis à P. de filer devant, et de ne pas m’attendre. Je le retrouve à Roche après les 3 km plus que pénibles qui précèdent une étape eau près du vaillant poilu bleu horizon , représenté de telle façon qu’on a l’impression qu’il part à l’attaque et va tomber de son socle.

C’est reparti. Je m’arrête. Je bois mon eau. Idem pour les 3 derniers kilomètres pénibles. La pente varie entre 5 et 6 pour cent, sans cesser. Et pour arriver à un peu plus de 1100 m.

Je suis trop contente d’atteindre le panneau où l’on s’est photographiés souvent. Nous parlons un peu. P. repart et je poursuis ma route ( 7 km de pure descente jusqu’à Saint-Anthème ). Ils font les foins. L’orage menace mais rien. Ca passe. J’ai un peu mal au coeur suite à l’effort ( plus moral que physique, enfin ex-aequo. ) Douche et salade de tomate avec un peu de poulet froid.

Je me sens bien, lessivée, détendue. Même si mon temps a été minable, et que j’ai bu deux litres d’eau.

Un café allongé, au Garçon Bob, et ma voiture balai me récupère.

Lecture / suite du Double de Dosto et je m’endors sur la couverture à damiers vert foncé, dans l’herbe vert brillant. Le cheval est à coté, près de « ma «  forge et se goinfre d’herbe.

On entend des engins. Ca n’arrête pas. Ca coupe du bois là-haut. Si ça s’arrête à l’instant.

Je vais acheter le livre qui vient de sortir du l’année sans été suite à l’éruption volcanique de je ne sais où. Année ou Mary et ses copains étaient à la villa Diodati, frigorifiés et sous la pluie incessante. Je n’ai pas ( comme à l’accoutumée ) ouvert les livres que j’avais apportés: Mains enchantées, l’Ombre tapie dans le coin, La mère mystérieuse, Le visionnaire… etc…

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Dimanche suite.

On décide de faire un tour à Usson car il y a la vogue. La vogue c’est la fête patronale. Des manèges qui ne sont pas de première fraicheur et ce plaisir de voir que les gens s’amusent encore dans ce décor désuet de tir, d’avalanche-en voulez-vous encore, de train fantôme décati,  de vendeurs de barbe à papa et de hamburgers Américains ( au secours ). Les pros de la bière ventre en avant sirotent. Je commande 3 demis et l’un arrive de justesse à côté d’un petit tas de mayonnaise berk, sur le comptoir provisoire.

Le bal

Un vrai bal avec vraie chanteuse qui descend dans la salle pour valser avec l’un ou l’autre. Un vrai accordéoniste qui sourit quand on le filme. Je danse ma première Tarentule. Ce n’est pas si facile et je copie sur la dame de devant. Au début c’est laborieux et puis hop.

Je commande mon brise-pied en disant que je repars demain à Paris.

—Et maintenant une demande spéciale de notre Parisienne, le Brise pied. C’est parti.

La fille dira ensuite, c’est bien cette danse , on ne la fait plus c’est dommage.

Une bouteille d’eau et on rentre.

Ce matin tout gris, brouillard. Le coq s’époumone.

Lundi 29

Seule à la maison, plus personne. Je suis à la fois un peu déstabilisée mais contente aussi de travailler maintenant toute la journée. J’y vais.

C’était très agréable vue la situation, tous ces moments de bonne humeur sur fond de R. dont on parle tout le temps finalement. avec M et E.

J’ai bien travaillé, mangé le poulet que j’avais apporté avec un yaourt. Commandé le livre sur « l’année sans été «  / voir Mary Shelley etc… ) Eruption de ???.

19h BA. Vin blanc assez mauvais ; Discussion drôle puis chiens pas drôles. P. rebaptise le Bar des Amis, le Bar des Allocs suite à l’émission à Amiens et l’article dans le courrier Picard.

Rouler dans la nuit… Maison. Je me fais des pâtes. Nom d’une pipe, elle cuisent longtemps et restent al dente, je vais aller en chercher deux tonnes demain; Connais pas cette marque. Un délice.

Au Sms avec CR et B.

Putain quand on a quitté Paris , Arnaud Laporte et sa clique ne sont plus audibles. Dingue d’ennui, de c’est pas ça. C’est pas ça mais c’est quoi? Que faire. Petit milieu parisien étroit… Théâtre qui a déjà disparu, Commentaires morts car ils ne s’adressent qu’à eux mêmes. En même temps je ne saurais que proposer. Non, je ne saurais comment parler. Là, c’est dingue, dingue ce petit milieu. Il ne s’agit pas d’être trop grand public ( et pourquoi pas traduire ce qu’ils ont dit? Pourquoi pas???) Sms avec CR puis B et ses peines de coeur d’adolescent.Il est incroyable.

Le ciel hier soir avait des couleurs incroyables/ La température a carrément chuté. Re-pull, c’est reparti. Du vent que j’entends. Les roses continuent leur vie, la vigne est très belle.

MM au tel.

Bon, continuer cette peinture immense afin de savoir ce qu’elle raconte !!! Pratolino, le géant, des champignons un peu Disney, un personnage sur un crâne rocher, un guetteur au bord d’une grotte. Des taches, des giclures, des drops, et la raclette, la raclette.

Je vais repasser à la Collégiale et en inspecter les recoins. la chapelle basse est très belle ainsi que le bibliothèque qui ne se visite pas . Il y a 2500 ouvrages, dont la deuxième édition de la Nef des Fous ( 1494 je crois ) Si mon souvenir est exact une autre Nef avec d’autres fous en 1492. Quelles incroyables aventures que de partir sur la mer, hop, comme ça. Avec Dieu comme guide. Et les étoiles.

Astrolabe et compas, mais quelle trouille !!!!

Mardi 30

Travail toute la journée. C’est ringard. J’ai l’impression de faire le Puvis de Chavanne qu’il y a dans l’escalier du Musée d’Amiens. C’est Guy qui l’a sauvé à mes yeux en m’expliquant son influence sur les Nabis. Comme quoi , lorsque l’on comprend on aime davantage. Depuis Puvis est revenu dans mon jardin invisible des personnes (??? qu’est ce que j’ai dit???)

Puis à 19h comme d’habitude je retrouve P et E.

On parle avec G. et C. que j’aime bien. France culture et Spaghettis

Discussion SMS avec MM afin de savoir ce qu’on pourrait faire. Pour finir je lui propose de commencer en choisissant chez moi ce qu’il veut.

Les incorruptibles de Brian de Palma que j’ai acheté à la Brocante du 15 Aout. Le type m’a dit:

—Vous penserez à moi en le regardant.

Effectivement je pense à lui , mais à qui? Je ne me souviens ni de sa tête ni de son corps.

Il y avait très longtemps que je n’avais pas vu de film. A la maison on aimait bien zapper tard le soir en disant des âneries, en commentant… Depuis juin je n’ai plus allumé aucune télé. Sans toi ce n’est pas drôle.

C’est juste un outil de personne seule.

Je repense à tes derniers jours. Tu m’avais dit, ça m’avait fait sourire que tu aimerais voir un petit film de gangsters.

Waa!!!! De Niro, Sean Connery . Quelle année? Sais pas.

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Mercredi 31

Champ de mine: Le matin quand je me lève je regarde le lit ou plutôt ce qu’il en reste. La couette est en boule, les journaux ont glissé, il y a un oreiller au bout du lit. Mes lunettes ( celles qui restent car les autres ont explosé sous une roue de bagnole devant la maison.)( Il y a ce genre de description dans le double de Dostoievski )

Quand tu étais là, je m’endormais et ne bougeais pas d’un millimètre. A présent c’est la guerre. Je tourne et vire sans m’en apercevoir. Je me réveille, regarde si on voit les étoiles, me tourne et retourne encore.

Le coq.

Un café et j’y vais.

La grande croute ringarde de 10 m a bien avancé en deux jours. Quand on est seul évidemment on a que ça à faire. C’est une mince consolation.

C’est bizarre de vivre seule. Je ne crois pas encore m’en rendre bien compte.

Ne pas le matin en m’éveillant dire :

—Tu dors gros con et entendre comme réponse

—Non imbécile.

Et ne pas faire de brit mais un peu quand même pour que tu te réveilles et que l’on commence la journée.

Ne plus boire le café ensemble. Moi debout.

Lui:

—T’es pressée?

—Oui.

Puis ne pas partir à A, rester avec toi. Aller te chercher les journaux quand tu étais très fatigué les derniers temps.

Partir aussi le plus silencieusement possible alors que tu n’as pas dormi de la nuit. Ca devenait de pire en pire ces insomnies. A devenir dingue.

Je reçois de P un mail qui s’appelle Serre moi Cergy. On me voit à l’époque avec ma petite caméra en train de filmer un étudiant. C’est sympa et les commentaires aussi. Puis il y a une photo de groupe mais je regarderai ça à Paris parce que je n’y vois rien.

Pendant quelques temps j’ai eu la sensation d’avoir tout oublié de notre vie. Au moment de ta mort, j’avais l’impression que tu étais véritablement effacé. Qu’il ne me restait rien. C’est très désagréable; Puis passées les images d’hôpital, le vie revient, les rires, les promenades dans Paris, le Palais-Royal que l’on adorait, Le Nemours pour un chocolat du Dimanche. Et toi , ta générosité de gros bonhomme bourru et si doux. Et la dernière chanson que j’adore. Tu en étais étonné et content je dois dire.

Bon tout cela est grillé mais pas tant que ça, car finalement je ne te quitte pas d’une semelle.

Le beau temps revient. Je ne cesse de travailler. Ben y’a que ça à faire. Sinon quoi. La peinture avance; mon Dieu que c’est moche.

Je repensais que j’avais été très impressionnée, enfant quand ma tante m’avait emmenée à Barbizon. On était rentrés dans un atelier que je qualifierais de verdâtre. Oui dans mon esprit il est maronnasse vert. Quelque chose d’infiniment triste comme de la mousse, comme une fontaine verdie.

Et j’y ai repensé là en peignant ce machin démodé. Je m’en fous.

J’ai noté quelque chose de Modiano mais je ne sais plus quoi. Il s’agit de nos phosphorescences. J’ai écouté un truc de Haendel magnifique. Qui jouait? Heu Heitzel c’est comme ça. non . Heu. Il y a une master class avec lui , et aussi cette histoire de bras droit opéré et qui ne marchait plus. Amoyal à joué le bras droit et lui le gauche. J’adore ces histoires de musiciens car ce sont des histoires de rigueur avant tout. Rigueur nécessaire si on veut atteindre justement nos phosphorescences . Ah j’ai lu ça dans le Fb de PZ où il parlait du livre Laetitia, la fille assassinée sous Sarkosy. J’ai entendu l’interview sur FC et j’étais à moitié convaincue, je ne sais pourquoi, de ce problème du vrai et de l’inventé, de l’enquête et du roman. De la sociologie et de ce qu’un sociologue a le droit d’écrire. Tout à mon gout, comme tout le monde. Ca m’énerve quand on dit: Vous écrivez comme un peintre… Ca veut dire quoi nom d’une brosse? On doit écrire comme on écrit , comme personne; comme un homme, une femme, un oiseau.

Tout à l’heure et comme il arrive parfois, une phrase s’est écrite toute seule dans ma poche. c’est:

Volagg gagaga G de la vie… ( c’est du niveau d’un feu de Jivaro !!!)

Je venais de demander à MM s’il connaissait genre Guillaume Comesson ( ?) Parce que sur FM j’ai entendu un truc tellement vieillot pour un compositeur vivant. La musique a aussi ses nostalgies de la vraie musique!!!

Urgent: Une douche

Tel de B. Isa travaille les Vagues. Isa c’est exactement Virginia Woolf

tel de Danièle agent de R

Tel de Jacques ami de Roger

Tel de Didier

MT du Mexique, AM, Christophe, Marc, Elisabeth, Julie,

etc… J’ai de la chance.

Rosa passe me voir à l’atelier , elle dit police!! alors que je lève le rideau de fer. Je l’aime bien. C’est une cousine de R elle a au moins 84 ans. Elle est sympa et souriante. Et elle a la délicatesse de regarder tout sauf le mur où je peins. On ne mesure pas comme c’est bon de ne pas entendre la question: » Qu’est ce que ça représente » , où que sais-je.

Black aboie. Bon, la douche.

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Jeudi soir 20h38

A cette heure là on était loin d’avoir diné. On mangeait tard, on parlait beaucoup et on se couchait tard et en after on matait la télé. J’adorais m’endormir comme ça et je lui disais ne baisse pas le son. Ca me rappelait mon enfance, quand d’en haut j’entendais un peu la télé.

Je saute de branche en branche mais toujours dans mon arbre. C’est Pierre Bergé qui dit ça à l’instant dans A voix nue. Et c’est Cocteau qui saute. PB n’est pas sympathique à mon gout mais pourquoi le serait-il au fait? Ce qu’il raconte m’intéresse. C’est toujours intelligent. La dernière fois que je l’ai vu, il entrait devant moi à la Maison de la radio et a fait un cirque pour ne pas passer sous le portillon de sécurité et vider ses poches. A ce moment là, j’ai trouvé ça idiot mais maintenant je me dis qu’il n’a aucune raison d’être emmerdé.

Suite de la peinture/ J’envoie à C. un SMS lui disant que ce que j’ai peint ressemble à une commande du Credit Agricole d’Amiens tellement c’est laid.

Je le crois.

Une bière au bistrot. Je rentre vite. Je dine vite et je vais regarder un film. Demain matin c’est le marché. Puis aller chercher V.

Merde il n’est pas 21h. Il fait jour. Aucun bruit. Pas un chien, pas un souffle….

Je m’endors devant Powell et Pressburger. The battle of River Plate.

Vendredi matin.

Marché. Lecture au soleil avec café. Travail et à 15h, direction Saint-Etienne.

Train en retard.

V. découvre les sapins et s’installe dans le bureau vert pour y travailler.

Le soir chez les voisins d’en face. Très agréable.

Samedi

promenade sur les plateaux. Marche de 3 h avec pic nid dans les bruyères. C’est magnifique. C’est beau. Coups de soleil.

Je termine la peinture et le soir, c’est à dire hier, soupe au choux à Apinac et retraite aux flambeaux avec la fanfare, pardon, l’harmonie ( me suis fait reprendre ). Auto tamponneuses. Bing bing. Feu d’artifice. Beaucoup de monde. J’adore ces fêtes toute simples où tout le monde est joyeux dans les rues du villages, lampion à bout de bras. Zut le bal musette c’est demain… Ce soir c’est disco. Il n’y a pas d’eau….Une limonade ( berk c’est sucré ; m’en souvenais plus.On rentre.

En parlant de rentrer la réinsertion ne va pas être facile…. Et les emmerdes et la succession….

Dimanche

Promenade à Marandière. On regarde les bébés veaux apprendre la vie. Puis chemin que je ne connaissais pas. Fougères et mousse. On croise G sur son tracteur. Son tee shirt semble être en lino marron ou en croute de cuir mais c’est la saleté des vaches etc. Grrr. V. respire dès que possible quand la porte du tracteur se referme. Elle n’en revient pas. Ben si.

Ouaf les mouches.

Spaghettis pour tout le monde à la maison avant le bal. Puis on à la flemme d’y aller. Je monte dans ma chambre et finalement ne redescends pas. Je me couche, lis une demi page de Tintin et hop hop hop. Trop bu.

Réveil tôt. Porter la voiture au garage, atelier, acheter un rouleau. Boulangerie. V. n’est pas encore descendue. Promenade de deux heures part les rivières.

A Montarcher je suis contente de voir Paul qui était en classe avec R. Il est souriant toujours.

Là je n’ai pas envie d’aller à l’atelier. Ce soir cinéma.

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Lundi

Marche et RAS

Brouillard et pluie.

Ah si. Cinéma. Tony Hellmann. J’ai adoré. Comme ça tait du bien de ne pas connaitre les acteurs, d’avoir un scénario singulier.  Quel moment glaçant quand la femme d’un homme important dit:

—J’aime les pays qui ont encore une classe moyenne. Le personnage de Tony est si drôle et si triste et tout est si tragique.

Ah bravo bravo bravo.

Et vive le petit cinéma de Saint Bonnet Le Chateau, avec ses apéritifs et ses amoureux de cinéma.

Mardi

Réveil à 6 h puis à 8h. Puis à 9h30. Zut.  Je poursuis la lecture de «L’année sans été, 1816 »  Ah oui j’ai fini Le double de Dostojevski, qui est un beau livre un peu ennuyeux dirais-je. Il n’atteind pas là, les chroniques Petersbourgeoises de son copain.

A l’atelier, je lis lentement Benvenuto Cellini. C’est drôlement bien. C’est même délicieux. Je ne sais d’où sort cette édition. J’en ai une autre plus récente dans le bureau vert. Nouvelle peinture et notes et trucs collés. Visite à Jeannot qui est inquiet pour son épouse couchée depuis deux jours. Il est tout triste et j’essaie de le rassurer. Elle ne veut pas boire, pas manger. Hum. Il me dit les yeux humides: «  Je suis dans le sirop… »

Verre au BA pour l’anniversaire d’E.

Il fait un peu frais même si le beau temps est totalement revenu. Un ciel plus bleu, plus «  septembre ». On remonte manger près de la cheminée une soupe que j’ai préparée.

Je lis en allumant la cheminée la page de la disparition de Butor qui m’avait échappé et il dit un truc très juste que je recopierai demain.

Bon, au lit avec tisane et éruptions volcaniques, cendres, poussière , orages et couleurs à la Turner ( Eh oui, tout s’explique ), et Mary et Percy et Byron . Sur le lac, sur le lac!!!!

« Mon mari chéri » je pense à toi .Suis passée hier dans ton endroit. Les vaches n’y étaient plus, ni les scarabées qui t’avaient accueilli. Le ruisseau , oui.

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Jeudi

Je note pendant que le rêve est frais.

Service chez les nazis. Le décor est une longue pièce rectangulaire. Il y a un portant pour les vêtements. Au bout une porte et l’on peut sortir. De l’autre côté en face un homme cagoulé en bleu sombre monte la garde. C’est le camp de l’EI. A gauche c’est la liberté dirait on, mais beaucoup de monde. A droite, il y a un orchestre qui est en pause. Découvrir ce que l’on ne voit pas. Et aussi les Maeght. Je ne suis pas invitée à ce déjeuner mais ce qui est bizarre c’est qu’il se passe à Amiens chez mes parents. Dans ma chaussure blanche il y a quoi? Des trucs de dans. Une vis et un porte manteau. Du lige. Je monte préparer mes cours des BA et je dis à ma mère que je ne passerai pas le diplôme car je ne vais jamais au cours d’histoire. Je ne comprends pas le sujet que je dois développer ( ne m’en souviens pas ).C’est comme une énigme.

On m’a dit ce que tu verra là-bas tu ne peux l’imaginer. Je me retrouve dans une salle ou des corps sont étendus. des morts. Je réussis à ce qu’on ne me voie pas.

Je repars , après leur en avoir parlé avec les garçons. l’autre fille avec nous devient dingue et veut ses médicaments. Bref. Je fais des petits signes pour montrer que c’est là que j’ai vu ce que j’ai vu. J’ai dansl a poche une boite de fer qui est arrivée par enchantement et je vois qu’un nazi souriant cherche à me choper. Soudain il me demande ce que je cache. moi , je crois avoir des films. En fait c’est une boite métallique avec dedans des vis rouillées. Il sourit. Je lui dit que j’ai piloté un bolide dingue. Qui vous l’a prêté? Goering et Adrien Maeght.

On repart. J’essaie de montrer que les corps ont disparu, qu’ils étaient là. On rentre dans notre pièce. Je dis au garçons: Prenez une de ces souris dans votre poche, retournez là-bas. Larguez la souris. Le lion la poursuivra et vous fera traverser la salle des corps.

Moi je n’en peux plus et décide de courir autant que je peux. Respirer , courir. Je cours vite…

Réveil

Hier peinture un peu laborieuse. Nouvelle toile. Je me lance dans des images de poupées gonflables.

On monte dans le clocher de la Collégiale: 100 marches. On regarde au travers de la vitre les joies. Comme il est grand ce type. Des grands fémurs. Chapelle basse et visite de la ville pour V. Peintures de G. Je repars travailler un peu puis nous dinons délicieux dans la cour de P. Il fait frais, on met des pus, il y a du vent.

Tisane et Carson Mc Cullers.

On part aux Pradeaux. c’est après Saint-Anthème. On marche. 17 km et V. se baigne dans l’eau du barrage. Moi j’ai sur des barrages. Sans doute m’a t’on raconté un peu tri lorsque j’étais enfant la catastrophe du barrage de Malpassé. C’est splendide. Il n’y a personne. Personne. On mange nos sandwiches dans un pré avec des bouses de vache séchées autour de nous et devant, en fond une grande forêt sombre. On crie:

—C’est beau et l’écho nous renvoie: Bo.

C’est si beau que l’on a envie de danser comme au Monte Verita!!

Travail et un verre au BA.

Soupe de légumes et spaghettis.

Tisane et livre

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Vendredi

Nous descendons au marché à pieds. En arrivant on aperçoit G avec son vélo. Il le pose devant la boulangerie et je me précipite pour cacher le vélo derrière le mur. On glousse, chacune planquée de chaque côté de la porte, en embuscade. Je pointe le nez un peu trop tôt. Il était en phase d’étonnement en mangeant un morceau de son pan aux cerises ( oui ). C’était drôle.

On rit on rit. E j’ai l’impression d’être au lycée. C’est assez délicieux et je crois assez rare.

Terrasse. Tapenade, tomates, basilic, persil, une salade. Hop à l’ombre. G. a le Monde et je regarde avec plaisir la suite du feuilleton Cahuzac. A t’on déjà vu une saloperie pareille. Oui sans doute. Mais ce type est infect , un infect menteur et immonde de mouiller feu-Rocard là-dedans. Quelle saloperie.

Café allongé. C. arrive, remonté à cause d’Alstom-je ne sais as comment ça s’écrit. C’est vrai que c’est encore une saloperie que de fermer ce site. Les pauvres mecs. Ils vont passer de bons moments alors qu’on les avait rassurés il y a peu.

La voiture aux bonbonnes de gaz; « l’attentat est déjoué mais il y en aura d’autres dit le président ». On nous protège, on nous inquiète , on nous fait peur, on nous rassure. Pouac.

le coq.

Après le marché, G nous remonte en voiture. Enfin une sorte de grande voiture d’un autre âge qui doit consommer 500 litres au km. Il penche mon siège et j’ai l’idée dans cette situation d’un nouveau type d’analyse: La roulante. On rit. V. est à l’arrière. A la maison dans la boite il y a deux paquets: Le Cd avec les chansons de Brassens par des acteurs, dont Roger et le livre « Love dolls » sur les poupées adultes Japonaises, plus vraies que nature. Intéressant et désorientant quand au problème que nous ne pouvons saisir de l’âme d’un objet. Et des fantômes aussi.

Verre au BA . Il fait doux. On rentre et on mangeotte des trucs. Feu dans la cheminée. Lecture.

Je me réveille vers 2h du matin. Ne sais pas ce que j’ai rêvé, tant mieux. .

Si, ça m’est revenu. Je devais danser un truc dont je ne me souvenais en rien. Deux gestes à peine. Même plus la musique en tête. Jean était débordé et ne pouvait m’aider. Il y avait un personnage synthétique plus petit que nature horrible.

Sais plus. Si, une réunion mondaine et je m’éclipse vite.

J’entends que Sciapparelli, petite voulait faire pousser des plantes sur son corps et avait semé en elle pourrait-on dire..

Je lis aussi des choses savoureuses chez Benvenuto Cellini quand je prends une pause sur la chaise longue dans le jardin de l’atelier., Quoi? Heu oui, les paysans qui trouvent en grattant la terre des émeraudes, des bijoux gravés qui font son émerveillement et un petit trafic. La peste qu’il attrape, son bras noir et sa guérison. La musique qu’il étudie pour plaire à son père , tout au moins pour ne pas le blesser et cette flûte, cette sacrée flûte dont il ne veut pas jouer. Son appétit artistique, sa vivacité, son gout de l’apprentissage et de la perfection, son humour.

Samedi

8 km 5 à partir du Creux de l’Oulette. Belle promenade mais ça descend et ça grimpe sévère .

Salade de tomates et fromage de chèvre frais. Persil et mozzarelle. Temps incroyable. Dur d’aller travailler. Mais j’y vais. Bon? Je pense que je n’aurai pas fini cette peinture.

   Samedi soir

Invitées chez G. Nous arrivons aux pieds de la collégiale, donc par le bas. La table est dressée en haut des escaliers, c’est magnifique. La nappe est blanche et il y a P. et E. et ML et A qui d’en haut nous font des signes.

Du vin. G est à l’intérieur de la jolie maison. Il fait des pizzas, il s’affaire. Il pleut . On rentre. On mange. On rit. C’est une merveilleuse soirée et le dessert est télé porté au dehors car la pluie à cessé. La collégiale s’éteint.

Pof, on est dans le noir et après le tintement de la cloche, on monte les marches et on arrive au panorama de la plaine et de ses lumières. Très beau. On rit encore un peu, certains fument et on rentre. A ressemble à un Dracula rouge avec sa couverture et E. comme toujours à un petit écureuil. Avant de monter dans la voiture je dis à E et P que notre moyenne d’âge est de 11 ans et que l’on va s’appliquer pour la faire baisser.

Tout le monde est d’accord.

Parfois, souvent j’ai le coeur qui se serre et des images de R. à l’hôpital. Le matin aussi c’est un peu électrique quand j’ouvre les yeux et tends le bras à gauche ( ici ) , à droite à Paris. Oui le coeur serré, c’est cela. Le coeur serré sans larmes aucunes, mais un machin désagréable. Je regarde le ciel. Il fait nuit… Je regarde le ciel, c’est l’aube et les oiseaux. Je tourne les oreillers, je tourne moi-même. Je chuchote «  monmarichéri », j’essaie de m’endormir. Je m’endors. Je pleure un peu parfois sans que cela prévienne. Je renifle et m’essuie les yeux grossièrement , puis ça passe. Enfin… Oui… Ca passe on peut dire.

Fenêtre ouverte. Il y a des voix plus bas. Où? C’est peu courant.

Presque Une heure. Les dents et au lit avec « le coeur hypothéqué »

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Dimanche

Parfois j’ai envie de pleurer. Ca me tombe dessus alors que je peins je ne sais quoi, que je tourne une page ou que je monte un escalier. Qu’il y a un truc à la radio un peu…Que j’entends Michel Bouquet …R. aimait tant et c’est lui qu’il a vu pour la dernière fois. Je crois que malade, il y serait allé. Maintenant je me dis que je ne me suis pas assez inquiétée de cette fatigue grandissante et que comme R. ne se plaignait pas tellement, j’ai mis cela sur le compte d’un peu d’ennui avant de retravailler.

 L’image de R. vivant est à l’arrière malheureusement mais je crois que bientôt, Roger vivant reviendra devant. Putain c’est chiant tout ça. Chiant de chiant.

travail toute la journée mais je ne crois pas pouvoir finir. Il fait un temps magnifique. Demain les trucs ennuyeux à faire puis mercredi le départ que je redoute. Avant c’était une fête de rentrer. On disait qu’on en pouvait plus de l’accent du midi et des vaches, du trop chaud et du trop froid et que ce qu’on voulait ( ce que tu voulais ‘!! ) c’était Paris. Moi aussi du coup. !!! Là je n’imagine pas bien comment ça va se passer. Seule dans l’’appartement que j’ai quitté vite pour le midi. De quoi va avoir l’air cet appartement sans R.? Ranger tout. Virer des choses. Et ne pas être emmerdée par la voisine du dessous qui me casse les pieds avec le plancher qui grince. Il ne faut pas que je m’énerve. Je lui ai déjà dit que je ne pouvais me déplacer sur un coussin d’air. Son mot de condoléances est le pire qu’on puisse recevoir. Je vais lui rendre. Ca m’a fait de la peine qu’elle puisse passer de désolée pour… à bon et comment fait on pour le plancher. Avec des passages soulignés. Si elle m’ennuie trop je lui dirai qu’on appelle son mec Achab parce qu’il boite et que ça dérange ceux du dessous. Non je ne ferai pas ça bien sûr. Mais parfois on a envie d’être infect. D’être infect aussi dirais-je. Je ne pense pas qu’elle soit bien méchante, mais pas fine c’est certain.

C’est le genre de vieille fille qui vient sonner à 23h en chemise de nuit pilou pilou. La bombe… et quand Achab l’accompagne en pyjama, c’est encore mieux. On se croirait dans Balzac. F. me dit qu’elle lui a posé cette question: Vous êtes qui pour la famille.

J’enrage. Comme j’ai enragé pour les BA, à la fin de l’année en allant raconter ma chanson devant un jury et moi aussi qui nous demandions si c’était un gag. J’avais l’impression d’être là pour un poste de plombier alors que je suis ténor. Bref. Mais enrager quand on a de la peine, est finalement un excellent dérivatif. Se braquer contrer les combines, c’est plutôt sain. Tiens, demain on va avoir la suite Cahuzac. Haha le traitre.

Et cette pouffe de Hilary Clinton qui dit que les électeurs du montres sont des bases. Parfait comme ça Senior Trompette peut lui rétorquer qu’elle est élitiste et méprise les pauvres gens. C’est autant de gagné pour lui. Pffff.

Ce matin c’était angoissant cette meute de chiens qui hurlait. C’est un endroit où on apprend aux chiens la chasse. Il faudrait enregistrer cela correctement.

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Mardi 13 Sept

Demain c’est le départ

Hier soir on a invité les voisins d’en face et V. avait préparé des bons petits trucs appétissants. Puis P et E et G sont restés pour diner. C’était joyeux comme d’habitude. J’ai dit que le maison fermait à minuit 30. Et suis allée me coucher. Ces imbéciles m’ont tous suivie jusque dans ma chambre.Et m’ont enlevé les chaussures.  Vraiment c’est le collège s’amuse. Mais oui on s’amuse. J’ai l’impression que G. n’a jamais autant ri de sa vie.

Zut on a pas fait la vaisselle. Grr

Bon today, ranger , aspirateur et tous les délices d’une fin d’été.

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