BERK

par delprat

« Et Jérôme Cahuzac craqua, au milieu de cette arène forcément voyeuriste qui, depuis sept jours, guettait des accents de sincérité dans les moindres recoins de ses tirades souvent alambiquées. Quand, vers 15 heures, son avocat, Me Jean-Alain Michel, éleva dans la salle d’audience cette voix amie pour le défendre, avec les mots les plus durs qui soient, l’ancien ministre du Budget s’effondra en larmes.

« Je t’ai détesté, Jérôme. Je me suis dit : Pas ça, pas toi. Celui qui nous a présentés l’un à l’autre doit se retourner dans sa tombe », démarre l’avocat, évoquant sans aucun doute le constitutionnaliste Guy Carcassonne, décédé quelques semaines après les aveux de Jérôme Cahuzac en 2013. « Vous disiez, madame », dit-il en regardant la procureure Éliane Houlette, « que ce procès est celui de la trahison. C’est vrai, il a trahi ses parents, sa famille, ses amis de la politique, ce monde qui est si transparent… » ironise-t-il. »