Vert et rose et anges et ailes et mains coupées

par delprat

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Zut , tout s’est effacé et pas de sauvegarde. Bon. Je recommence.

Ce matin après le délicieux petit déjeuner de l’hôtel ( dans la salle bien refaite avec un joli plancher et de grandes surfaces blanches d’un papier peint ornementé de motifs 18 ème, dont le Monsieur costume 3 pièces est très fier.) Je lui dis à ce propos que l’an prochain je viendrai tagger ses belles surfaces immaculées s’il est d’accord. Nous choisirons la couleur ensemble . Donc ici pas un distributeur de café ou thé mais le Monsieur costume 3 pièces noir- porte t’il autre chose -nous sert. Pas de tranches de cake aux fruits confits sous cellophane, pas d’oeufs brouillés qui se battent sous une cloche douteuse. Je n’en prends pas mais les trois gâteaux ( chocolat poire, gianduia, et citron ) semblent  » casareccio » et très bons. Je préfère les trucs salés. Un peu de fromage, ( il y a un gros pain de campagne recouvert en partie d’un linge blanc et on en coupe soi-même une belle tranche), ( à ce propos, j’aime beaucoup le fait que l’on dise belle ou beau dans la langue italienne. Un bel caffé ou una bella botiglia de quelque chose, un beau plat de rigatoni etc…)   et aussi une coupe de yaourt avec du miel. Direction les Offices. En face il y a une belle librairie. Nous nous donnons rendez-vous sur la terrasse . Je flâne, retrouve avec plaisir avant l’entrée les bustes peu avantageux des Medicis: Laurent, isolé avec sa mâchoire inférieure plutôt large et ses longs cheveux filasse , séparés au milieu. Il n’a pas l’air commode, il fronce les sourcils.

Mais la première photo que j’ai prise est une surface de marbre noir, lie de vin et beige. Des tout petits points et des morceaux plus larges.

Ensuite il y a cet espèce de cardinal très laid , représenté de profil. Cheveux longs, nez plongeant et proéminent, bouche tombante et lèvre inférieure lourde et molle. On dirait qu’il cache de la nourriture dans ses joues comme un hamster. Mais son nom? Je ne vois écrit que cela: Io Gasto Medices MDE hic gemmas antiquae caelaturae CCC et opera ex aere per multa vateris novique artificii museo donum dedit madiceisque monumentis par antonium franciscum gorium interpretandis vulgandis consilia rem auspicia consulit.  Que je traduirais par….

Mais c’est peut-être Leopoldus..

Mon préféré est le jeune homme  au grand nez, à la figure de marbre caput mortuum. Tête posée sur une fraise impeccable. Il tourne légèrement la tête vers la gauche et ce qui nous regarde c’est le masque monstrueux aux sorcils immenses et à la bouche grande ouverte sur son armure. Des petites gueules de Lion aussi gueules ouvertes et des motifs. Putti à peine en relief, croix, végétaux. Je l’ai déjà photographié l’an dernier et il me plait toujours autant. Je ne sais pas pour quelle raison. Une certaine tristesse et pas de ruse dans ses yeux mais l’observation de ce qui se passe.

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Je me retrouve devant Domenico Veneziano et regarde le vert et le rose puis Lippi et ses anges tout bleus.  Je photographie des petits points dorés qui donnent l’impression d’un mouvement, d’une nuée? C’est splendide . et Là à gauche de la vierge sous les nuages allongés aux formes étranges, on dirait un corps et des jambes qui sortent d’un pied. c’est bizarre. Ce sont des racines molles, ou je ne sais quoi brunâtre.

Puis arrive la Thébaïde et ses constructions fortes ici et là. Je saute chez Botticelli ou tout au moins ce que je peux en voir. Ce qui est bien c’est que les gens ne regardent pas vraiment et ne s’éternisent pas. Ils photographient comme des dingues sans même prendre le temps de cadrer quoi que ce soit. Comme ça dans le mouvement, ils attrapent au vol une oeuvre dont ils ne savent rien.

Les fleurs roses et bleu-pâle et verdâtres . Je sais mieux faire ces couleurs que les décrire. C’est dur de décrire des couleurs. Et puis je ne connais pas les noms de fleurs. En bas à droite de la naissance de Venus, il y a des petit traits d’or, des croissants plus exactement. Il y a des vagues  sous le coquillage et c’est là où l’on ressent vraiment la main, on la voit. Je vois sa main en train de peindre ses traits ondulés, je le vois en train d’enlever sur le pinceau le surplus de peinture.

Ghirlandaio. les gants et la pierre précieuse sur le dessus. 1529. mais est ce qu’il s’agit de gants? On ne dirait pas. des gants transparents? Des gants de voile? Oui.

Hugo Van der Goes: le monstre aux grandes dents près de l’enfant en prière. Elle ne le voit pas posé sur la traine de la femme agenouillée elle aussi.

Cette fois-ci je ne  photographie pas les grotesques des plafonds. Je me contente de regarder mon amie la souris qui est contente de me revoir et ondule sa longue queue sur un escalier  peint d’un trait.Poissons, papillons, torches, ânes. Tout cela fait tourner la tête. des oiseaux, des figures aux jambes écartées, des personnages ailés. Ca bouge au-dessus de nos têtes.

Je retrouve des notes prises sur la terrasse au soleil en attendant MT. Il s’agit de Bouvard et Pécuchet et du Museum. J’aimerais bien le reconstituer ou l’inventer plutôt. Ce serait drôle pour l’expo de C. J’ai noté aussi les changements que je veux apporter aux cours des BA. Actuellement , matin et après midi c’est la même chose. L’an prochain, » les Explorateurs » sera le cours au Fonds Maciet et dans les collections, avec le dessin d’après les albums et l’observation de documents dans les collections. Il faut que j’en parle à AMG. « Les inventeurs « , sera en fait plus basé sur la video, la mise en scène etc… Ce qui n’est pas exclusivement dessin mais avec quand même le fonds Maciet une fois par mois.

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Giovanni da Ponte

Après on saute à L’Accademia, le lendemain. Ils ont toujours de belles expositions temporaires et là c’est Giovanni da Ponte. Magnifique. Des ors, des nuages accrochés aux pieds des anges. Jaune de Naples, orange, rouge sang, faux-marbres, rose, vert… ( Plus tard le chiostro verde d’Uccello: «  A sugo d’erbe e terra verde ) parfois des sangliers gueule ouverte et des pierres bizarres.

J’achète quatre mains en plastique. J’ignore absolument pourquoi.

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Plus tard.

Qui stanno les ossa di TR, nativa Francese. 

Isabelle Marguerite Hedwige de Garriod/ 25 octobre 1851/ 4h 35 du matin/ âgée de 15 ans.

 Par contre ma visite aux jardins Boboli a été trop courte et je n’ai pas retrouvé les ensembles sculptés des jeunes garçons aux yeux bandés. Le giocco del saccomazzone.

Ca a l’air pas mal la Villa Caruso d’ailleurs. Bon. Alors pas de Giocco della Pentolaccia, pas d’allée des cyprès. Grotte Buontalenti fermée. D’ailleurs, ces jardins, ces iles, il faut les visiter à 8h30, à l’ouverture. C’est trop beau de s’y promener tranquillement. En plus il y a plein d’espèces d’oiseaux.

La salade  aux petits artichauds et au parmesan. La minestrone de chez Alfredo avec une ou deux cuillerées de parmesan. Miam. Et nos repas le soir, Aux artistes. ( Ca me change !!!) On rit, et c’est bon. Vin blanc frizzante del Veneto. Et que des familles italiennes. Zéro touristes. Et la pasta aux fleurs de courgettes? Hein? C’est bon ça.

Un verre dans les anciennes prisons transformées en appartements. Un peu de pluie mais beaucoup de beau temps. Quel délice le soleil.  Filmer les vitrines de chez Prada, avec les animations ( poissons, poulpes etc qui nagent et que l’on aperçoit par un hublot …)

Tout cela était parfait même si Florence est loin d’être ma ville. J’adore y visiter églises et musées mais y vivre ou y passer plus de 4 jours ne m’intéresse pas plus que ça.

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